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Lundi 10 décembre
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Gougnies se souvient !


Monsieur le Bourgmestre,
Mesdames et Messieurs les Echevins et Conseillers Communaux,
Chers professeurs et élèves de l'école des C ariotis,
Chers amis Marcheurs,
Chères amies, chers amis,
Avant de débuter cette cérémonie, je me permets d'excuser son Excellence l'Ambassadrice britannique Alison ROSE qui ne peut être présente aujourd'hui mais qui nous souhaite beaucoup de succès pour l'organisation de cette journée.
En ce 17 novembre 2018, nous voici réunis dans notre cimetière de Gougnies pour nous souvenir des funestes événements de la première guerre mondiale. Pour ne jamais oublier. Pour entretenir le devoir de mémoire.
Cette expression peut sembler très « cliché ». Elle a été utilisée à maintes reprises lors des diverses cérémonies de commémoration dans le monde entier ces derniers jours.
Pourtant, le devoir de mémoire a tout son sens en ce jour. Nous devons nous souvenir, nous ne devons jamais oublier.
Oublier serait un manque de respect effroyable pour les millions de victimes civiles et militaires tombées durant cette époque.
Oublier les leçons du passé, c'est aussi nier les causes à l'origine de ce conflit. Au début du 20ème siècle, les inégalités étaient profondes, les nationalismes exacerbés, les soifs de conquêtes plus fortes que jamais.
Oublier ce passé c'est prendre d'énormes risques pour la construction de notre futur, celui de nos enfants. Le nationalisme et le populisme font leur retour en force dans le monde et même dans notre petit pays. Notre démocratie est en danger.
Mêmes causes, mêmes conséquences…
Avons-nous déjà oublié les millions de civils réfugiés sur les routes durant la guerre 14-18 ?
Avons-nous déjà oublié les assassinats de tant de civils innocents comme à Gougnies ?
Avons-nous déjà oublié comment se comportent les régimes autoritaires quand ils sont au pouvoir ? Il suffit de regarder notre monde actuel.
Mêmes causes, mêmes conséquences…
A Gougnies, nous avons pris le parti d'entretenir notre devoir de mémoire. Pour rendre hommage aux victimes. Pour nous. Pour nos enfants.
Il y a quelque semaines, dans ce même cimetière, nous évoquions déjà l'absurdité de ce conflit. Si l'armistice a été signé à 5h30 le 11 novembre 1918, il ne sortait ses effets qu'à 11h précises. Durant cette journée, 11000 personnes perdaient encore la vie au combat. Le dernier Belge, Marcel TOUSSAINT, a été tué à Liège à 10h42. Le dernier combattant en Belgique est un soldat canadien, Georges LAWRENCE tué à Mons à 10h58. Le dernier soldat mort au conflit, l'Américain Henri GUNTHER a rendu son dernier souffle en France à 10h59…
Dans ce cimetière est enterré un jeune aviateur écossais, le Second Lieutenant James Hamilton SMITH. Le 10 novembre 1918, il est en mission de reconnaissance. Son avion biplace est abattu vers 10h00 par la défense anti-aérienne dans le bois entre Gougnies et Sart-Eustache. Le pilote est fait prisonnier mais le Lieutenant James Hamilton SMITH ne survivra pas à ses blessures. Il n'avait que 19 ans.
19 ans. L'âge de l'insouciance. L'âge de tous les rêves, de tous les projets. De tous les espoirs en un monde meilleur.
Mais pour le Lieutenant SMITH, ce fût l'âge du sacrifice. Loin de son Ecosse natale, loin des siens, loin de son futur.
Nous n'oublierons jamais le Lieutenant SMITH qui est venu rejoindre les nombreuses victimes tombées dans notre petit village de Gougnies.
Notre village a en effet été durement touché durant cette période. Le 23 août 1914, 3 civils ont été assassinés par les Allemands, 19 maisons ont été incendiées. L'occupant a également bouté le feu à une ambulance dans laquelle étaient soignés des tirailleurs sénégalais. Ils ont tous péri carbonisés. Leur officier français a été abattu d'une balle dans la tête. Le privilège du grade…
Notre village a été vidé de ses jeunes hommes valides. C'est ainsi que 27 d'entre eux ont rejoint les rangs de l'armée belge. 4 soldats sont morts au combat.
Ces 4 soldats ont donné leur sang et leur vie pour leur pays. Pour leur famille. Pour leurs amis. Mais surtout pour nous permettre de vivre dans un monde plus juste. Tous comme les millions de combattants de la Grande Guerre, ils ont enduré la souffrance, la faim, la peur. Loin de notre petit village de Gougnies. Avec force et courage, ils ont tenu bon. Ils se sont sacrifiés.
Nous avons une dette envers toutes les victimes civiles et militaires, envers tous les anciens combattants. L'entretien de notre devoir de mémoire est la plus noble manière d'honorer cette dette.
Dans quelques minutes, nous terminerons cette journée en parcourant les rues de notre village à travers une marche aux flambeaux. Devant chaque immeuble incendié, une bougie nous rappellera cette terrible journée du 23 août 1914.

Que toutes ces lumières nous guident vers le futur de notre humanité.

Ce futur, nous devons l'offrir à nos enfants. Quand on a 12 ans, un siècle, c'est une éternité. La tentation doit être grande pour eux de « zapper » cette période lointaine de notre histoire. C'est pourtant le passé de leurs ancêtres que nous évoquons aujourd'hui. C'est en connaissant leur passé que les enfants pourront construire leur futur.
Si nous en sommes convaincus en tant que parents, le corps enseignant de l'école « les Cariotis » en a pleinement pris conscience à travers son programme d'éducation. C'est pourquoi nous avons émis l'idée d'associer l'école de Gougnies et ses élèves à notre commémoration. Car nos enfants sont l'indispensable trait d'union entre le passé et le futur.

Nous sommes rassemblés dans ce cimetière car c'est ici que reposent la plupart des victimes.
En souvenir de leur sacrifice et pour ne jamais oublier les leçons de notre histoire, les noms de nos héros vont maintenant résonner dans notre chère communauté gougnacienne et rolendienne.
◦ Absil Joseph, mort au combat.
◦ Deprez Clément, mort au combat.
◦ Michel Joseph, mort au combat.
◦ Piret Maurice, mort au combat.
◦ Grégoire Emile, assassiné.
◦ Piret Adelin, assassiné.
◦ Thiry Joseph, assassiné.
◦ Absil François, ancien combattant.
◦ Antoine Georges, ancien combattant.
◦ Baudoux Gustave, ancien combattant.
◦ Caussin Gabriel, ancien combattant.
◦ Daffe Eugène, ancien combattant.
◦ Daffe Jean-Baptiste, ancien combattant.
◦ Dautrebande Lucien, ancien combattant.
◦ Douillet Eugène, ancien combattant.
◦ Duchêne Joseph, ancien combattant.
◦ Fostier Léon, ancien combattant.
◦ Gillain Benony , ancien combattant.
◦ Gillain Léon , ancien combattant.
◦ Gillain Pierre, ancien combattant.
◦ Grégoire Charles, ancien combattant.
◦ Grégoire René, ancien combattant.
◦ Malvaux Ernest, ancien combattant.
◦ Malvaux Joseph , ancien combattant.
◦ Marcelle Maurice, ancien combattant.
◦ Marchal Léon, ancien combattant.
◦ Monnoyer Léon, ancien combattant.
◦ Remy Gustave, ancien combattant.
◦ Soumillon Paul, ancien combattant.
◦ Tilmant Vital, ancien combattant.

En l'honneur du Second Lieutenant James Hamilton SMITH, mort au combat le 10 novembre 1918 mais aussi de toutes les victimes de la première guerre mondiale, nous allumons cette flamme du souvenir.

Marc MOREAU

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Les médaillés :
1. Amateur d'Orval, il marche au sein de son peloton avec ses deux inséparables amis Pierre MARCELLE et Philippe GOFFINET. Fanfan n'est pas la tulipe mais un vrai artilleur. J'appelle François BONNEJONNE.

2. D'une gentillesse incroyable, il est toujours à l'écoute. Quand il n'enfourche pas son vélo, il marche aussi comme un vrai artilleur. J'appelle Marc BURTON.

3. Il a rejoint le 3ème peloton il y a maintenant 40 ans. Habitant Acoz, il a pourtant décidé de rester fidèle à la compagnie de Gougnies. Au sein de la dérène guilitte, sa bonne humeur est toujours au rendez-vous. J'appelle Robert CHIAROT.

4. Il joue du tambour comme un virtuose. Au sein de la batterie, il n'est jamais le dernier pour amuser la galerie et faire le pitre. Toujours en souvenir de son papa dont il est tellement fier, c'est un vrai marcheur. J'appelle Jean-Noël CONSTANT.

5. Fidèle à son peloton, il marche avec fierté au sein de sa derène guilitte. Mais quand il en a l'occasion, il ne se fait pas prier pour s'amuser. J'appelle Eric EVRAERT.

6. Grand amateur de pétanque, de mini-golf, de belote et du tour de France, il est également le gardien de notre place de Gougnies. J'appelle Serge EVRAERT.

7. Comme ses frères, il est fidèle à son peloton. S'il passe ses journées à transporter les mots des autres, sa véritable passion s'appelle Johnny HALIDAY. Avant qu'il n'allume le feu, j'appelle notre facteur-grenadier Thierry EVRAERT.

8. Nous espérons tous qu'il ne passe pas son temps à nous psychanalyser durant la Pentecôte. D'une chaleur humaine indiscutable, il marche avec conviction au sein de la saperie. J'appelle Jean-François GASPAR.

9. Si le métier du bois n'a plus aucun secret pour lui, son physique lui a ouvert les portes du cinéma car il a joué comme figurant dans des films à caractère historique. Contrairement aux apparences, il ne travaille pas à la FGTB. J'appelle Marc GOBLET.

10. Tout au long de l'année, il enfile ses bottines pour marcher et encore marcher. Mais quand la Pentecôte arrive, il troque ses godasses contre une paire de souliers noirs pour rejoindre le peloton des sapeurs. J'appelle Guy LAFFINEUR.

11. Dans la batterie, il est à côté du Blanc, son oncle. Aux arrêts, il est toujours avec son ami de tous les jours, David LEPAGE. Il manie ses baguettes et son tambour avec justesse et passion. J'appelle Fabrice LOOZE.

12. Ancien Président du Comité des Fêtes de Gougnies, il s'est découvert un indéniable talent pour la comédie et pour le théâtre wallon. Comme les autre membres de sa famille, il voue une véritable passion à notre folklore. J'appelle Didier MAGINET.

13. Tout en discrétion, il n'en demeure pas moins un passionné de notre Marche. Fidèle en amitié et en amour, il est également fidèle au peloton des artilleurs. S'il aime s'amuser et boire un verre avec son ami de toujours, Michaël, il sait reprendre son sérieux dès que la compagnie démarre. J'appelle Luc MAGINET.

14. Il parcourt les routes entre le Luxembourg et le Belgique. Dans son club de foot, il était avant-centre. Dans la compagnie, il est toujours à l'avant-garde. Sapeur depuis toujours, c'est un fervent marcheur. J'appelle Benoit MARCELLE.

15. En 2014, le Front Révolutionnaire des Artilleurs commettait l'irréparable, l'impensable : son enlèvement à quelques jours de la Pentecôte. Son crime : être parti en cavale. Sapeur et sans reproche, il délaissa sa hache pour prendre une cravache. Aujourd'hui, il porte notre drapeau avec une fierté et une efficacité indiscutable. J'appelle Nicolas MARCELLE.

16. Grâce à son travail et sa volonté, il a permis à la Marche Saint-Roch de Sart-Eustache de renaitre de ses cendres après une longue interruption. Après avoir exercé ses talents comme professeur, il offre désormais toutes ses compétences à la défense de son folklore et au devoir de mémoire en contant l'histoire de son village. J'appelle André POULAIN.

17. Militaire au génie, il a participé comme sous-officier à des opérations belges à l'étranger. Au sein de la procession Sainte-Rolende, il a intégré plusieurs pelotons ainsi que la compagnie de Villers-Poterie avant de rejoindre notre 3ème peloton. Nous le surnommons affectueusement le petit Claude. J'appelle Claude VANDEMERGEL.

18. Dans deux ans, il aura cassé le verre à 40 reprises comme major à Gougnies. Un vrai record à la Sainte-Rolende. Sur son cheval, il n'a peur de rien. Dans le Corps d'Office, ses avis sont écoutés car il a une bonne vision de notre compagnie. Véritable ciment du groupe des majors, sa sagesse compte autant que sa convivialité. J'appelle notre ami Guy Van Wynsberge

19. Il a marché dans les compagnies de Biesme et d'Hymiée. A Gougnies, sa place se trouve au sein du peloton des artilleurs. En bon Français, il n'a jamais sa langue en poche. Mais il demeure un compagnon apprécié toujours prêt pour Marcher. J'appelle Jacky YAHYAOUI.

20. Au sein de sa dérène guilitte, il ne manque jamais une année de Marche. Tout en discrétion, il arbore fièrement une allure de grognard de la grande armée. Baïonnette au canon, il marche certainement avec conviction. J'appelle Henri MONNOYER.

21. Il fût incontestablement un grand président de notre compagnie. Rolendien convaincu, il s'est toujours mis au service de notre Marche, de notre folklore et de nos traditions ancestrales. Partisan d'un dialogue sincère et constructif, il a été un pilier majeur de notre histoire. Même s'il a quitté sa fonction d'officier, il continue à collaborer bénévolement et activement aux diverses activités de notre compagnie. Je tiens à appeler mon ami, un grand homme de la Marche Royale Sainte-Rolende de Gougnies, Jacques MONNOYER.

gougnies.be

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Commentaires
Par Jerome T le samedi 24 novembre 2018 à 11h27
Encore une belle et grandiose journée avec tout le respect des traditions Gougnacienne
le froid à été largement combattu par une belle compagnie bien présente.
Quoi qu'il puisse se passer dans ce village, il ne manquera jamais de brave gars pour commémorer un souvenir auquel nous sommes redevable.

Bravo au corps d'office pour cette journée.

A bé rad

Jérôme
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