Les carrières en activité

Ce dossier fait suite à celui intitulé L’ascension de la « motte »

Les mottes ont offert un magnifique terrain à nos aventures d’enfants. Mais elles étaient aussi et surtout le décor du travail des hommes de chez nous, les carriers. La sirène de l’usine Marmor résonne encore dans nos souvenirs. Rythmée par les bruits de mitrailles de la métallurgie toute proche, elle clamait bien fort jusqu’aux confins du village que le marbre et l’acier faisaient bon ménage et qu’ils fournissaient du travail à bon nombre de ses habitants. Gougnies.be vous en offre d’émouvantes images…

Les sites d’extraction

Les ateliers

Photos collection Jacques Monnoyer

L’abattage d’un bloc

On remarquera, sur la seconde photo, une silhouette là où, précisément, la masse va s’abattre. Il semble qu’il s’agisse d’un mannequin. Etait-ce, dans le milieu des carriers, une façon de conjurer le sort? De présenter une victime expiatoire pour que le bloc ne tombe pas sur un être humain? On voit aussi qu’un lit de caillasse a été disposé là où l’impact se produira. Peut-être pour éviter que le bloc ne se brise pas en de trop nombreux morceaux.

Photos collection Jacques Monnoyer

Des hommes et des femmes

Coll. Jacques Monnoyer

Les polisseurs à la « grenouillère ». A la machine d’avant-plan : Emilio Rapallini. Derrière : Renato Nanni. A gauche : Romeo Di Grado. (Photo collection Jacques Monnoyer). Jour de fête à Marmor. A l’avant-plan, de gauche à droite: Massimo Sodini, Germain Caulier et Julien Maginet. Les mêmes dans un groupe plus important (Photos collection famille Cabut). Dernière photo, les polisseuses de finition: de g à d: Yvonne Massart, Germaine Massart et, en 5e position: Louisa Trouillet. (Coll Jacques Monnoyer)

Souvenir d’un jubilé

Gougnies - Gougnies: jubilé à la société Marmor en 1950

Remise de décorations à des membres du personnel de la S.A. Marmor, pour 30, 40, 50, voire 60 années de travail.
Ces distinctions honorifiques leur ont été remises par Edmond de Fabribeckers, directeur de la marbrerie et des membres de la direction qui figurent également sur cette photo, à l’issue d’un banquet organisé dans une arrière-salle du « Café Bancu », exploité par Mme veuve Carly.

La photo n’est pas datée mais on peut lire à l’arrière-plan, sur l’affiche collée aux valves communales, à côté du café :
« Buvez partout Faleau (NB : une des nombreuses brasseries locales de l’époque)
Commune de Gougnies. Salon Soumillon. A l’occasion des fêtes de la Pentecôte. Dimanche 28 mai 1950. Grand bal musette « .

Christian Frérot qui nous a transmis ce document a identifié plusieurs des personnes qui y figurent. Gabrielle Soumillon y a apporté sa contribution, faisant preuve, comme d’habitude, d’une mémoire précieuse.
Voici ce qui en résulte (de gauche à droite):
– 1er rang, assis : Joseph Soumillon – x1 – Eudore François – Achille Gillain (dit « Achille du notaire » – x2 – Pierre Gillain (dit « Nomdidom ») – Léon Frérot.
– 2e rang : Jean. Fichter – x3 – Edmond de Fabribeckers – Benoni Gillain – x4.
– 3e rang : x5 – x6 – Hector Defrène – N. (ou Eugène) Michaux.

(Il est évident que toute précision sera bienvenue, notamment pour identifier les six personnes désignées par un « x »)
Photo coll. Christian Frérot.

Un peu d’Histoire
(Extrait du programme Son et lumière « Aux pays des Rolendiens » du 27 au 31 août 2003)

Les carrières de marbre de Gougnies ont été exploitées de 1860 à 1951, leurs propriétaires furent successivement la famille PIRMEZ-MONCHEUR jusqu’en 1903 puis la Société Anonyme MARMOR.
Le marbre exploité est de type Sainte-Anne, les veines avaient de 10 à 15 mètres d’épaisseur, elles étaient inclinées de 60 à 70 degrés. Il était très prisé pour la réalisation de monuments, d’autels, de cheminées.
Au moment de sa splendeur, l’entreprise employait pas moins de 100 ouvriers, hommes et femmes, selon le travail à effectuer (extraction, sciage, polissage, expédition…).
Malheureusement, le 2 janvier 1951, suite à un éboulement à la Carrière Maichevaux, l’extraction du marbre fut interrompue.
Le coût de la remise en activité de la carrière ayant été estimé excessif, il fut tenté d’ouvrir un nouveau site d’exploitation à Villers-Poterie. L’inauguration eut lieu le 5 septembre 1953, mais très vite cette entreprise s’avéra être un échec et fut abandonnée.
La société MARMOR poursuivit une activité limitée au débitage et au polissage du marbre jusqu’en 1976, date de sa fermeture définitive.

Texte de
Jacques Monnoyer

Certaines photos de ce dossier figurent déjà sur le site. Pour les voir dans leur contexte, consultez le portrait de Renato Nanni
et le Vieux Gougnies
Voir aussi Les carrières en 1949