Nos chroniques 2020

La petite Chronique du mois de mars

Joie et bonheur, il revient !
 
Comme le printemps, il est de retour, coloré et chaleureux, riche de ses prémices aux parfums du terroir.
 
Il est annonciateur d’un réveil souriant à la lumière apaisante de la vie du village.
 
Il est gai et musical, il est vrai comme la sève qui épanouit les bourgeons de la jeunesse, il fait partie des émotions récurrentes des traditions du pays.
 
Merci à ses animateurs de nous ramener le grand feu à la maison…
 
Même le mois de février était content !  Il nous a envoyé Ciara et Dennis pour participer à sa façon aux soumonces de l’événement. Tous les branchages fatigués par le temps qui passe vont alimenter les flammes du renouveau. Comme le disait avec tant de talent Jacques Brel, « on a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan que l’on croyait trop vieux »…
 
Hééé oui, certains ont cru que cette tradition typique de notre Entre-Sambre-et-Meuse s’essoufflait chez nous ! C’était sans compter sur la détermination d’enfants du pays de ne pas abandonner le dieu de mars dans les limbes d’un temple perdu.
 
On ne peut que leur souhaiter de gagner leur pari.
 
S’investir dans une telle organisation n’est pas anodin, cela implique une sérieuse réserve d’énergie et de disponibilité. Les jeunes qui s’engagent dans cette aventure méritent soutien et encouragements. Ils n’ont que faire du potentiel de critiques  que génère la perversité des réseaux sociaux… Il est plus facile de poster des âneries que de collecter des fagots ou préparer une salle pour la fête !
 
Alors je leur souhaite de tout coeur ce succès qui attise les braises de la motivation et que cette belle tradition embrase de mille feux le ciel de notre village dans le crépitement de la fête et les premières vibrations du folklore.
 
Sous les masques de carnaval, les visages sont rayonnants et la jovialité familiale qui anime nos quartiers exhale les saveurs du vin chaud et les valeurs du vivre ensemble.
 
Bonne chance au jeune comité et que le grand feu s’inscrive à nouveau et pour longtemps dans les pages du livre d’or de nos traditions…
 
 
 
Jean Marcelle

La petite Chronique du mois de février

Le jour se lève. Le réveil a promptement effectué l’atterrissage du vaisseau en provenance du monde des rêves. Il faut se lever…

 

D’après de très sérieux sondages, que font bon nombre d’entre nous ?

 

Ils consultent leur smartphone ! Wouââ ! Poésie d’une époque connectée à outrance engendrant une dépendance collective aux appâts d’un marketing intempestif…

 

En ce mois de février, si le soleil gratifie notre village d’une lumineuse et agréable matinée, je vous recommande vivement un moment d’infidélité à l’égard de votre messagerie et de vous livrer à une banale mais ô combien pittoresque expérience. Vous ouvrez en grand la fenêtre de votre chambre qui domine le jardin encore engourdi et, en respirant profondément, vous tendez une oreille attentive…

 

S’il reste en vous un rien de sensibilité aux charmes inestimables du terroir, vous le percevrez sans tarder, le chant de monsieur merle qui siffle à « tue-bec » pour séduire sa merlette en garantissant à celle-ci l’exclusivité de son territoire.

 

Et oui, monsieur ne perd pas de temps ! Février semble réveiller en lui les gènes de chanteur de charme et son aptitude innée à flatter la nature de son répertoire mélodieux. Et il n’y a pas qu’à la montagne que chante merle…

 

Bien sûr, les merles attendront la fin du printemps pour fonder un foyer, mais il semblerait que le mois de la Saint-Valentin soit pour eux une opportunité romantique pour publier les bans. Cela assure manifestement la fiabilité des couples et l’harmonie dans la communauté. Il ne faut pas que clochent merles…

 

Le chant du merle est considéré comme étant l’un des plus mélodieux de la gente ornithologique. Quand on lui prête oreille attentive, on ne peut que confirmer ce talent que lui offre dame nature.

 

On dit également que ce sympathique et populaire passereau possède des dons d’imitation. Ça, c’est certain !  Le mercredi de Pentecôte, quand le calme revient sur le village, il n’est pas rare de surprendre le volatile à imiter le chant du fifre. D’autres, manifestement moins sensibles aux émotions du terroir, diront qu’il peut reproduire la sonnerie de leur portable… C’est fou l’effet que peut avoir la téléphonie sur les cervelles d’oiseau !

 

Moi, je pense que, finalement, le merle est de nos jours une « espèce protégée ».

 

Il peut en effet siffler les filles sans être inculpé pour harcèlement…

 

Mais qu’il reste cependant prudent ! Faute de grives, on mange des merles…

 

 

 

Jean Marcelle