Kid Louis

Le ring et l'accordéon. Ce dernier, il l'a appris, peu à peu, en tâtonnant sur celui de son papa et les chansons qu'il interprète encore aujourd'hui quand on lui demande d'animer des soirées sont celles que son père chantait déjà dans les mêmes circonstances.
(Photo Ben).

Les mains de Louis Van Langenhove n’ont pas seulement permis à Kid Louis de gagner matchs après matchs sur les rings. Elle ont aussi tenu des outils de forgeron à Thy-Marcinelle, servi des chopes au « Ring », construit des maisons, pincé des cordes de guitare ou voltigé sur les touches nacrées d’un accordéon. Et le plus souvent, tout ça en même temps… ou presque.

« Je n’avais pas peur d’animer un bal jusqu’aux petites heures puis de filer directement prendre mon travail à l’usine. Ou alors, explique encore Kid, après ma journée je rentrais vite construire le Byblos ou ma maison »
Cette maison, il y est entré le jour de ses 50 ans avec Madeleine aujourd’hui décédée.
« Quand je l’ai épousée en 1951, je n’avais qu’un costume à me mettre : celui que je portais depuis deux ans. Aujourd’hui, si je suis à l’aise, c’est à mon travail que je le dois ».
Il se souvient que lorsqu’il a posé la dernière pierre du nouveau « Ring » qui allait devenir « Le Byblos » et qu’il l’a inauguré, les autorités communales l’ont félicité : « voilà un homme courageux ». C’est vrai, dit Kid : « je n’avais même pas de bétonnière ».

Courageux : c’est un mot qui revient souvent quand on feuillette le press book de sa carrière de boxeur. Le premier article qui parle de lui date de 1949 : il avait alors 18 ans et boxait déjà depuis 2 ans, d’abord en catégorie « légers » puis en « welters ». A ce moment, il avait déjà disputé 45 combats dont 22 victorieux et 11 matchs nuls.

Courageux et talentueux puisque, peu après, il devient champion de Belgique amateurs des Welters et totalise bientôt près de 50 victoires consécutives avant de passer professionnel et de disputer, en octobre 1951, contre le Parisien Huchez, sa première rencontre dans cette catégorie et d’y remporter, du même coup, sa première victoire.
Un autre match épinglé dans son palmarès : celui qu’il gagna, à la salle des fêtes de Gougnies, appelée à l’époque « Salle Soumillon » contre le Verviétois Horsh : c’était le lendemain du mariage de Kid et celui-ci n’était pas, écrivit le journaliste, au mieux de sa forme…

Dans une des pièces de sa maison, Kid conserve ses souvenirs. Ceux de la boxe bien entendu, mais il y a là aussi une valise pleine d’affiches: celles de la Fête de la Gare qu’il a organisée pendant une quinzaine d’années et dont on parle encore à Gougnies. Et puis des programmes de Music-Hall. Sur les uns, il est présenté comme « animateur », sur d’autres comme « comique » ou « imitateur » sur un autre enfin, comme « contorsionniste ».
« Qu’est ce que je n’aurai pas fait ?… » commente-t-il en les déroulant un à un.

Kid dans son coin à souvenirs: avec les gants qu'il portait quand, amateur, il devint champion de Belgique des Welters et montrant l'affiche d'une soirée prestigieuse où il combattait. Le voici ensuite avec un souvenir de music-hall puis avec le programme d'une des fameuses Fêtes de la Gare.
(Photos Ben).
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.