L’Histoire de Gougnies

Etymologie
Le nom de GOUGNIES est composé d’un nom de personne, probablement Franc, GOGO, et d’un suffixe double -in-iacus- GUNIACUS au IXe Siècle.

Toponymie
En 1265 « GUIGNIES » dérivait de « GUNDICAE TERRAE » signifie les terres de GUNDO probablement le premier propriétaire d’une parcelle de terre de l’ancien domaine carolingien de GERPINNES. 

  • COYGNIES en 1285
  • COINGNIES en 1289
  • GOUINGNEE en 1558
  • GOUGNYE en 1598 (comptes de la fabrique d’église)
  • GONIACUM en 1602
  • GOUGNIES en 1649
  • GOUGNEYE ( en wallon )

Préhistoire 
Des fouilles archéologiques entreprises en 1883 au lieu dit « Tienne d’El Motte » dans le parc du château ont permis de découvrir des vestiges très anciens : 

Les restes d’un camp retranché.

Emplacement d’un oppidum (camp retranché Belgo-Gaulois) devenu plus tard castrum romain.

Des silex taillés provenant de peuplades préhistoriques, des objets de l’époque romaine et des objets provenant de peuplades germaniques. 

Seigneurie de Gougnies 
Les renseignements les plus anciens relatifs à GOUGNIES remontent à la fin du XIIe siècle. Il s’agit de taxes à payer au comte Guy de Namur en 1265, 1289, 1294. 

Au début du XIIe siècle, Jean de Hemptine possédait une terre à GOUGNIES que postérieurement Jean de Rosier releva en fief. 

Erigée en seigneurie hautaine, la terre de Gougnies fit, le 29 juillet 1605, l’objet d’une donation des Archiducs Albert et Isabelle à François de Sire qui en fit relief le 25 octobre de la même année. 

La seigneurie de GOUGNIES resta à la famille de Sire jusqu’en 1800 année du décès du seigneur Jean-Baptiste de Sire, mort sans postérité. 

Le blason de Gougnies 
Aucun scel échevinal de l’ancien régime n’ayant été retrouvé, l’arrêté royal du 24 décembre 1962 a concédé à la commune Gougnies les armoiries de la famille de Sire :

qui sont d’or à une hure de sanglier, au naturel, défendue d’argent ; l’écu sommé d’un heaume d’argent, griffé ,colleté et liseré d’or, doublé et attaché de geules aux bourrelets et lambrequins d’or et de sable. Cimier : un d’extrochère, posé en pal, armé et enrichi d’or, brandissant une épée d’argent, garnie d’or. 

Le blason de Gougnies

Le Château


Le château Pirmez – Editions Veuve Jeanmart – 1921 – Collection Jacques Monnoyer

En 1877, le baron Henry Pirmez fit construire un magnifique château sur le site archéologique au lieu dit « Tiènne dèl Mote ». Il est bâti en psammite du Condroz. Des fouilles effectuées dans ce domaine ont mis à jour :
-les vestiges d’un oppidum.
-divers objets de silex forts bien taillés, datant de l’âge néolithique : lames, haches, flèches, grattoirs.
-des tessons de l’époque gauloise.
-des anciennes pièces de monnaie en or et en argent, frappées d’un côté sur un flan très mince.
-une magnifique bague avec chaton gravé. L’intaille représente le « Bonus Eventus » dieu pourvoyeur portant en équilibre sur la main droite, une corbeille de fruits et à la main gauche, deux volailles.
.

La Ferme Château


La ferme château – Collection Jacques Monnoyer

Ancienne ferme fortifiée à la rue de L’Escuchau, construite sur d’anciennes constructions, fut achetée en 1605 par François de Sire, habitant à Sart-Eustache.

Le Vieux Château d’en Bas ou château de la Hatère


Le vieux château d’en bas – Editions Desaix à Bruxelles – 1926 – Collection Jacques Monnoyer

Ce château , construit appparemment au XVIIIe siècle dans le fond de la Biesme , a été restauré en 1972 par la baronne Adeline del Marmol, petite fille de Henry Pirmez, et occupé par son fils José del Marmol.

L’église


L’Eglise de Gougnies – 1919 – Collection Jacques Monnoyer

1.Antécédents.

L’église a remplacé la chapelle primitive, sise à la rue du Culot, érigée en vicariat en 1753.
Quelques vestiges subsistent à cet endroit.2.Emplacement.

L’église de style semi – ogival, a été construite en 1852 /53 sur l’emplacement d’un cimetière « Franc » découvert lors des fouilles en 1831.
Les vestiges de ces sépultures sont conservés au siège de la société archéologique à Charleroi.
L’église est dédiée à St Remi comme la chapelle primitive.
Construite aux frais de la commune, elle a coûté la somme de 37.910 Fb de l’époque, ameublement compris.
La fabrique d’église a reçu 4.000 Fb de subsides gouvernementaux et 4000 Fb de la province.
3. Patrimoine de l’église.

a. Un calice portant l’inscription « par les Dames du Noble Chapitre de MOUSTIER 
1764. »
b. Un chemin de croix daté de 1870. Les cadres en bois de sapin de Riga ou de Dantzig ont été fabriqués par M. P. F. Grégoire, menuisier à Gougnies.
c. L’horloge. Elle a coûté 1.440 Fb, a été placée en 1870 et remplacée en 1960.
d. Les orgues. Elles datent de 1885 et furent restaurées en 1900 pour la somme de 950 Fb.
e. Vitraux. Le vitrail au fond de l’église à droite a été offert en 1934 par M. Edmond Daffe de Gougnies et Mme Laure Wauthy. Le vitrail est consacré à St Rolende. On peut y reconnaître L’abbé Taminiaux, Augustin Beaurain (enfant de chœur), le caporal sapeur Hubert Douillet et le sapeur Edmond Daffe. Autres vitraux de ce côté: Les noces de Cana, don de la famille Minet-Noel en 1937; Pierre et Jésus lui remettant les clés du royaume, don de la famille Wauthy-Dincq en 1938; La tentation dans le désert, Jésus et un ange lui apparaissant, don de la paroisse en 1937; Le baptême de Clovis (ce vitrail représenterait des natifs de Gougnies avec Saint Remi, patron de la paroisse) don d’Henri Pirmez
Du côté gauche: Apparition du Sacré-Coeur à Sainte Marguerite-Marie; L’Annonciation avec l’ange Gabriel, don de la famille Wiart-Massart; La crèche de Bethléem, don de l’abbé Taminiaux en 1935; La fuite en Egypte, don de la famille Enseval-Ninnin en 1936; La Sainte Famille, don de la paroisse en 1936.
Voir notre dossier concernant les vitraux

Le monument aux morts


Le monument aux héros de la guerre 14 – 18 – Editions Préaux à Ghlin – 1934 – Collection Jacques Monnoyer

Ce monument fut érigé en 1920 sur la place communale à la mémoire des victimes de la guerre 1914 – 1918.

Pour en savoir plus voir notre dossier Coup de projecteur sur le monument aux morts 

La gare


La gare – Editions Léon Hautecourt – 19xx – Collection Jacques Monnoyer

La gare bâtie en 1886, fut inaugurée en 1887 en même temps que la ligne 137 Acôz-Mettet. Le trafic voyageurs cessa en 1953 et le trafic marchandises en 1970.

La maison communale 


La maison communale – Editions Veuve Jeanmart – 19xx – Collection Jacques Monnoyer

Construite en 1879, a été rénovée en 1968 et 1996. le rez de chaussée était réservé à l’école, l’étage à l’administration communale. Depuis 1976, le bâtiment est uniquement destiné à la scolarité.

L’Ermitage

Sur la route de la ferme de Fraiture vers Gougnies (anciennement Grand chemin de Walcourt à Namur) actuellement chemin Sainte Rolende subsiste à l’entrée du village une potale dédiée à Sainte Rolende, vestige du plus ancien ermitage de la région existant déjà au XIVe siècle.

Le socle supporte une pierre sculptée représentant Sainte Rolende tenant une palme de la main gauche; à genoux des deux cotés, deux serviteurs. A gauche l’érable sur lequel serait monté le serviteur pour chercher un asile. Selon la tradition, c’est là que Rolende se serait arrêtée avant de rejoindre la ferme de VILLERS-POTERIES.

On peut y lire l’inscription suivante « Cy est l’ermitage de Ste-Rolende. Le corps virginal repose à Gerpinnes. En c’est réside Jacques Beignée d’Erque, proche de Grez en bourgoigne, religieux du tiers ordre de Saint François, ermite de ce lieu, pour le présent 1640, priez pour son âme ».

En 1710, il était entouré d’un fossé et de haies vives : la chapelle, la Maison et le jardin occupaient un arpent de terre ; la maison comprenait une chambre à feu et deux autres chambres; il n’existait ni fondation ni servitude; on n’y célébrait pas la messe et il n’y avait aucun habit sacerdotal. L’occupation des ermites était de filer la laine et de cultiver leur jardin.Listes des ermites connus :

  • Frère Georges Cloens ( ???? – 1574 )
  • Frère Jan Justus dit Petit Jan, de Valin ( ????? – 1634 )
  • Frère Hubert du bacqz, de Thuin ( 1634 – 1637 )
  • Frère Jacques Beignée, d’ Erques ( 1638 – 1648 )
  • Frère Thomas de Graux (1646 – ????? )
  • Frère Nicolas Crepin (???? – 1691 )
  • Frère Joseph Guion de Châtelet (1699 – ????? )
  • Frère Ornuphre( ? ) Jean ( 1729 – ???? )
  • Frère Hougardier Paul ( ???? – 1758 )
  • Frère Feraille Raphael ( ????? – 1774 )

L’empereur Joseph II prononça la dissolution des ermitages, par décret le 2 juillet 1783.

Cet ermitage se trouvait sur l’itinéraire de pèlerins liégeois venant de Fosses via le bois de Sart-Eustache pour se rendre à Notre-Dame de Walcourt dans l’octave de la Pentecôte. Il a été complètement détruit par un incendie en 1810.


L’industrie du fer

Le sous-sol de Gougnies, riche en minerai de fer, est exploité dès la plus haute antiquité et avec certitude au IIIe siècle. Des documents attestent de cette activité au XVIe siècle. Au château subsistent des bâtiments de forge bien conservés et un creuset de fourneau.

En 1605, forges, fourneaux et platinerie sont cités dans la donation à François de Sire.

Au début du XIXe siècle, le fourneau et la raffinerie sont aux mains de la famille Puissant.

Au milieu du XIXe siècle, le fourneau est devenu la propriété de la société de Gougnies qui construit un haut fourneau au coke avec une fabrique de fer et un laminoir en annexe.

Il n’y a guère, l’atelier Marcelle contenait un four et un laminoir. On y travaillait la tôle emboutie. L’atelier employait 40 personnes vers 1975. Il a cessé ses activités fin juin 2005.


L’industrie du marbre 


Photo Jean-Baptiste VASSART – Collection Jacques Monnoyer

Le sous-sol renfermait aussi du marbre, appelé Marbre Ste-Anne. L’exploitation a commencé vers 1860 et a pris fin en 1951. La S.A. Marmor poursuivit une certaine activité jusqu’en 1970.
Notes démographiques

  • 1289 31 chefs de famille recensés.
  • 1778 55 chefs de familles recensés.
  • 1840 510 habitants.
  • 1845 529 habitants.
  • 1879 627 habitants.
  • 1890 675 habitants.
  • 1900 Gougnies comptait 31 auberges et estaminets.
  • 1953 725 habitants.
  • 1960 772 habitants.
  • 1966 801 habitants.
  • 2005 1037 habitants

Les noms répertoriés en 1289 n’ont laissé aucune trace de nos jours, contrairement à ceux de 1778 à savoir : Marselle – Grégoire – Douillet – Remy – Gillain – Caramin – Hébrant. Dans ce recensement de 1778 on trouve les métiers suivants: 2 censiers (fermiers), 5 laboureurs, 12 ferons (travailleurs du fer). Pas de spécification pour les autres noms.

Heurts et Malheurs
1170

Gougnies fut le théâtre d’une bataille qui opposa Beaudouin V, comte de Hainaut et Henri l’aveugle Comte de Namur.

1914 – 1918 

Le village a été saccagé le 23 août 1914 par les troupes allemandes. 17 maisons furent incendiées, dont l’une servait d’ambulance et où 10 soldats français ont étés brûlés vifs et trois habitants tués. (1)

On trouve à gauche de l’entrée du cimetière, la tombe d’un aviateur anglais (2) abattu au-dessus du bois vers Sart-Eustache à quelques heures de l’armistice.

1940 – 1945

En 1943, l’armée allemande d’occupation enlève la cloche de l’église Saint Remi pour ses industries d’armement. Voir les tribulations d’une cloche

Elle fut retrouvée, détériorée, dans un entrepôt de la région de Charleroi. Et fut refondue pour en faire une nouvelle et remise dans le clocher le 10 avril 1960 après avoir parcouru processionnellement les rues du village escortée par la Marche.

Elle fut baptisée Berthe – Anne – Marie – Joseph. Son parrain est Gérard Wauthy. Sa marraine madame Berthe de Sauvage, épouse de monsieur A. Pirmez. 

Consultez également notre dossier Gougnies à feu et à sang

(1) Souces: « L’invasion allemande dans les provinces de Namur et Luxembourg ». « Tamines et la bataille de la Sambre. » Ouvrages signés Jean Schmitz secrétaire de l’évêché de Namur et Dom Norbert Nieuwland de l’abbaye de Mardesous. 1920)

(2) Correction apportée le 27 mars 2006: aviateur anglais (et non australien comme indiqué précédemment)